Ce cheminement m’a ouvert une porte dont je n’étais pas consciente vers la femme que je suis et ma sexualité… Christelle

Une cicatrice dans l’ombre. Une coupure du bistouri qui vient toucher le plus intime d’une femme. Suite à une discussion portant sur le fait de savoir si l’épisiotomie était nécessaire ou pas, le simple fait de couper le périnée peut être vécu comme une violation, un traumatisme et parfois une mutilation, sur le plan conscient ou inconscient.

Guérir cette cicatrice, guérir la fleur, la porte du temple du féminin est une vraie bénédiction. Accompagner la connexion entre le périnée et sa région et le reste du corps et du coeur permet à l’énergie vitale de circuler dans la joie et le plaisir.

Sur le plan mécanique le périnée peut perdre de sa souplesse générale et la cicatrice devient une source de tensions qui sont orientées vers elle. Ceci modifie l’équilibre du bassin et de là peut avoir des incidences sur d’autres parties du corps. Le périnée est considéré comme un diaphragme qui fonctionne en synergie avec les autres diaphragmes (voir le livre sur la Césarienne) dans le corps dont le diaphragme thoracique et respiratoire puis un diaphragme iranien (tente du cervelet). Une modification dans la mobilité du périnée entraine une modification dans le diaphragme thoracique et crânienne. Les trois diaphragmes sont comme les trois temples dans le corps. Le temple de la conscience (dans le crâne) le temple de l’émotion (dans le thorax) et le temple de la terre intérieur (dans le bassin).

Le simple fait que l’épisiotomie ne fait plus mal, ça ne suffit pas pour être sure qu’elle est en équilibre. Là encore la non douleur peut être signe de dissociation.

Comment est la relation avec le périnée, le vagin et cette zone cicatricielle?

C’est très facile de comprendre les effets négatifs de la césarienne sur la mère et l’enfant mais parfois l’épisiotomie fait partie d’un processus d’accouchement très médicalisé avec injection d’ocytocine et péridurale. Dans ce cas on peut trouver des effets secondaires bien proches de ceux de la césarienne.

Témoignage

Christelle est une patiente que je vois régulièrement depuis un an pour des problèmes de dos et d’hernie discale. Elle a accouchée par voie basse avec une péridurale hyperdosée. Elle ne sentait rien et n’a pas pu pousser. C’est une infirmière qui a appuyée sur son ventre pour sortir le bébé.
Ce jour là elle me parle de la difficulté de se séparer de son fils de 16 ans, surtout quand il doit aller chez le père, de qui elle est séparée depuis 12 ans.

C’est normal, à ‘accouchement on me l’a arraché. C’était compliqué et donc chaque séparation me fait vivre cet événement… me raconte-t-elle.

Cette fois-ci je ne travaille pas la cicatrice. Je pose ma main sur le bas ventre en lui demandant de se rappeler de l’accouchement. Elle ne sent rien. Même pas ma main posée sur elle. C’est le vide sensitif entre le plexus solaire et les cuisses. Elle pleure en prenant conscience de cela. Je lui propose de revenir à avant l’accouchement.

C’est mieux. Mais l’idée que la séparation avec l’enfant est proche et inévitable est très compliquée.

Elle pleure encore. J’ai juste ma main posée sur son bas ventre. Une main qui écoute et qui déroule le tissus et ses états d’âmes.

Je lui propose de se poser dans la relation avec son bébé, à l’intérieur d’elle. Elle pleure puis elle s’apaise.

Le ventre « se remplit » . Elle sent ma main sur son ventre.

Au bout de quelques minutes je propose:

Et l’idée d’offrir cette énergie et cet enfant au papa, à la vie…?

Trop compliqué

elle pleure. Elle commence le chemin…

Mais comment faire confiance ? Est ce que je peux être sure que je ne vais pas être agressée ? Que je suis en sécurité ?

Des questions qui se posent, qui résonnent bien avec l’histoire de cette femme qui a une grande blessure vis à vis des hommes. Elle a subit des agressions pendant son adolescence. Elle a du mal a faire confiance et à s’ouvrir à son féminin. Elle a une attitude un peu masculine, défensive et un langage qui peut être agressif.

Je prend conscience que j’était coupé de ma féminité depuis l’accouchement. Cette qualité est entrain de revivre à l’intérieur de moi. merci.

L’ « énergie » descend.

C’est hyper puissant ce qui se passe à l’intérieur, témoigne-t-elle.
Ça y est il est sorti ! le ventre est vide.. s’exclame-t-elle.

Je prends « l’énergie » et je pose sur son coeur. Beaucoup d’émotion.

J’ai accouchée. C’est génial. Merci la vie.

Dés son retour chez elle, le fils est parti chez le père.

J’ai un autre regard et sentiment… m’écrit elle.

Puis le fils l’appelle pour poser des questions par rapport à ses prénoms et ses noms.

il est connecté.

il ressent tout, elle répond.

Ce cheminement m’a ouvert une porte dont je n’étais pas consciente, vers la femme que je suis et ma sexualité. Je me sens apaisée avec cette partie de mon corps. La relation avec mon enfant s’est harmonisée. Je suis plus tranquille et lui, est plus libre. Je suis pleine de gratitude.

On voit bien dans cette histoire la similitude avec la césarienne. Pendant un accouchement hypermédicalisé, le corps de la mère est assisté pour sortir l’enfant. Mais ce n’ai pas l’énergie de la femme qui fait. Elle n’en avait pas conscience. En conséquence cette énergie attend à l’intérieur pour être mise en mouvement afin que les différents systèmes soient informés de l’accouchement. Que la femme soit de retour et la mère à sa juste place et ainsi, que l’enfant soit libre.